Ukraine CombArt #11Mai 2024 | Bonjour à toutes et à tous ! Voilà le numéro 11 de notre Newsletter qui vous tient informéEs de nos actions - passées, présentes, à venir – et tâche d’éclairer certaines dimensions de l’histoire et de la résistance actuelle de l’Ukraine qui nous tiennent à cœur. Un grand merci à celles et ceux qui nous rejoignent pour agir, d’une manière ou d’une autre car toutes sont bienvenues dès lors qu’elles nous aident à maintenir vive cette solidarité qui est « la tendresse des peuples » et dont l’Ukraine en guerre a un besoin vital. |  | Membres de l'ONG Ukrainienne East SOS |
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Sommaire : | - Save the Date : lundi 3 juin. « Vivre près de la ligne de front ». Rencontre débat avec l'ONG ukrainienne East SOS
- Edito : Pour l’Ukraine, un peu d’inspiration churchillienne !
- Tatars de Crimée, 1944-2024 : « Poutine poursuit ce que Staline n’a pas terminé »
- Quelques rendez-vous à venir
- Quelques livres qui aident à comprendre
- Ukraine-Palestine : De peuple à peuple ? Contribution au débat de Sophie Bouchet-Petersen
- Qui sommes-nous et comment nous aider à agir ?
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Save the date : Lundi 3 juin 2024 de 19h à 21h DANS L’UKRAINE EN GUERRE : VIVRE PRÈS DE LA LIGNE DE FRONT
Rencontre - débat avec des représentantes de l'ONG ukrainienne East SOS 7bis, rue de Trétaigne - 75018 Paris, Métro : Jules Joffrin (Ligne 12) – Bus 31 ou 60 entrée libre |
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Comment s’adapter ? Comment accéder aux droits ? Quels sont les besoins des populations civiles ? |
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| | | | chargée des campagnes de plaidoyer d’East SOS auprès des autorités ukrainiennes et à l’international | | |
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| | | | membre du conseil d’administration d’East SOS et chargée des programmes humanitaires | | |
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| | | | sociologue à l’université Paris Nanterre, autrice de « Génération Maïdan. Aux origines de la résistance ukrainienne » et participante régulière des missions d’observation d’East SOS | | |
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| | | | sociologue à l’université Paris Nanterre, membre de l’Assemblée européenne des citoyens | | |
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Près de deux ans et demi après l’invasion militaire à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, l’Assemblée européenne des citoyens, l’association Ukraine CombArt et le Comité français du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine vous invitent à une rencontre autour de l’association ukrainienne East SOS, à l’occasion du passage à Paris de ses représentantes. East SOS, fondée au printemps 2014, est engagée depuis dix ans dans l’assistance humanitaire aux victimes civiles de l'agression russe et aux communautés territoriales des régions proches de la ligne de front. Travaillant au plus près du terrain, East SOS y développe un large spectre d’activités : de l’évacuation des personnes à mobilité réduite à la documentation des crimes de guerre, en passant par la réparation des logements endommagés et l’assistance, psychologique et sociale, aux femmes et aux enfants. |
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East SOS effectue régulièrement des missions d’observation de la situation humanitaire et sécuritaire près du front. Sa dernière mission a été réalisée en mai 2024 dans les régions de Zaporizhzhia, Donetsk et Kharkiv. Elle était centrée sur l’adaptation des personnes et des communautés à une vie dans la proximité immédiate du front ainsi que sur l’identification de leurs besoins. Ses conclusions seront présentées lors de cette rencontre. |
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La rencontre se déroulera en français et en ukrainien (avec traduction). Elle sera aussi l’occasion d’échanger autour de la situation actuelle en Ukraine. Merci à Geneviève Garrigos, conseillère de Paris, qui nous offre l’hospitalité pour cette rencontre. |
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Pour l’Ukraine, un peu d’inspiration churchillienne ! |
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Bonne nouvelle : elles commencent enfin à arriver, même si ce n’est pas assez vite, ces armes et ces munitions dont l’Ukraine manque si cruellement depuis de trop longs mois. Avec elles renaît l’espoir d’inverser un rapport de feu dangereusement inégal. On ne le dit pas assez : les forces armées ukrainiennes font des prouesses avec leurs drones, aériens et navals. Leurs frappes font mouche en Mer Noire, où elles ont obligé la flotte russe à se replier vers l’est, et jusque fort loin dans la profondeur russe. Mais le ciel ukrainien reste vulnérable. Il faut à l’Ukraine les moyens, tous les moyens, de bloquer la machine de mort du Kremlin, son économie de guerre, ses alliés explicites (Corée du Nord, Iran) et implicites (Chine), son agressivité accrue par nos tergiversations ainsi que l’inépuisable chair à canon que Poutine sacrifie sans compter. Le fond de l’air charrie de petites musiques défaitistes : ne nous laissons pas piéger Ni par ceux qui voudraient nous faire croire qu’une défaite de la Russie serait moins dangereuse qu’une franche victoire de l’Ukraine. Ni par ceux qui surestiment et surinterprètent les gains de quelques km² grignotés par les troupes russes en quelques points du front et au prix de pertes ahurissantes (nous vous recommandons de suivre, sur sa chaîne Youtube, les analyses de Xavier Tytelman dont l’expertise lucide, au plus proche du terrain ukrainien, est précieuse). Ni par ceux qui en appellent à des négociations sous prétexte que pacifier vaut toujours mieux que guerroyer, faisant mine d’oublier que, dans une guerre, avant le temps des pourparlers, il y a celui des armes : en Ukraine, seul le rapport de forces sur le terrain permettra de garantir non pas le « gel » d’un conflit s’embrasant et s’étendant à la prochaine occasion mais l’établissement d’une paix juste et durable qu’un quart de siècle de promesses trahies et d’engagements bafoués ont systématiquement différée. C’est pourquoi il n’y a pas d’alternative à la victoire de l’Ukraine. Churchill ou les mots pour le dire Churchill eut en son temps la lucidité nécessaire pour affronter un nazisme auquel le poutinisme, d’effarante manière, ressemble de plus en plus. A ceux tentés alors par de déraisonnables accommodements, il ne craignait pas de dire : « un conciliateur, c’est quelqu’un qui nourrit un crocodile en espérant qu’il sera le dernier à être mangé ». Spéciale dédicace aux « campistes » de tous bords et de toutes les latitudes, que leur fixation exclusive sur les méfaits des Etats-Unis et leur anti-impérialisme hémiplégique rendent aveugles au crocodile impérialiste poutinien. Redisons-le une fois encore : nous ne sommes pas bellicistes et encore moins va-t’en-guerre ou atlantistes énamourés mais, dans le moment historique présent, ne nous trompons pas de film : l’agresseur qu’affronte l’Ukraine avec tant de courage ne s’arrêtera que là où les Ukrainiens l’arrêteront si nous les y aidons assez efficacement. Plus de vingt ans de mensonges poutiniens et de faits accomplis en cascade ont achevé de nous instruire. Plus de vingt ans, aussi, d’incapacité à comprendre ce qui prenait forme sous nos yeux et de lâchetés. Nord Stream 1 et 2 en sont l’emblème mais également la Tchétchénie, la Georgie, la Syrie, la Transnitrie et la féroce mise au pas de la société russe. Avec le recul, c’est flagrant : nous aurions gagné à être un peu churchillienNEs. Et à nous souvenir de sa mise en garde : « on ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour tenter de le fuir. Si vous le faites, vous le multipliez par deux. Mais si vous l’affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduisez de moitié ». La real politique, qui n’est pas forcément un gros mot, est de ne pas s’abuser sur l’ordre des priorités. Le courage politique, qui est une vertu civique, est de dire à nos concitoyenNEs au prix de quelles solidarités concrètes, ici et maintenant, leur sécurité – car c’est aussi l’enjeu – peut être réellement protégée. Des promesses à l'obligation de résultats Voilà pourquoi, en cette veille d’élections européennes, nous faisons nôtre ce message de Churchill, que nous adressons à toutes les instances européennes et aux candidatEs qui sollicitent nos suffrages : « il ne sert à rien de dire ‘nous avons fait de notre mieux’. Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire ». On pourrait aussi le dire ainsi : le temps est venu, n’en déplaise à M. Orban et à ses pareils, de passer des promesses à l'obligation de résultats dans l'aide que l’Ukraine attend légitimement de nos Etats, de l’Europe et de nos sociétés, c’est-à-dire de chacune et chacun d’entre nous. |
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Tatars de Crimée, 1944-2024 : « Poutine poursuit ce que Staline n’a pas terminé » (Refat Tchoubarov, président du Majlis, assemblée des Tatars de Crimée) |
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En ce mois de mai 2024, nous commémorons le 80ème anniversaire de la déportation par Staline des Tatars de Crimée, ce crime de masse auquel fait écho, depuis 10 ans, l’occupation brutale de la péninsule annexée par le régime impérialiste poutinien. | | |
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| | "Il y a 79 ans, ce jour-là, les autorités soviétiques commençaient à expulser les Tatars de Crimée. La nation qu'on voulait effacer, privée de son foyer, privée du droit de vivre. Mais le peuple a survécu et vivra librement ! Aujourd'hui, je porte une chemise spéciale brodée avec des ornements qui symbolisent l'unité des peuples ukrainiens et tatars de Crimée. Symboles de notre force et de notre désir de vivre dans notre maison." Volodymyr Zelensky sur Twitter, le 18 mai 2023 |
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1944 : la déportation de tout un peuple Dans la nuit du 18 mai 1944, dans les villes et les campagnes de Crimée, plus de 32.000 membres du NKVD (ancêtre du KGB donc de l’actuel FSB) font violemment irruption dans les domiciles des Tatars de Crimée : ils leur laissent 30 minutes pour rassembler quelques effets et les entassent dans des wagons de marchandises qui les conduiront à des milliers de kilomètres en Asie centrale, principalement en Ouzbekistan. En deux jours, toute la population tatare (200.000 personnes) est déportée dans des conditions atroces : 10.000 personnes périssent durant les semaines de cet interminable voyage, décimées par la faim, la soif, le froid, les épidémies. Un survivant a raconté que, chaque matin, les gardiens des convois posaient la même question : « y a-t-il des cadavres dans le wagon ? ». Entre 1944 et 1947, environ 45% des rescapés de ces voyages de la mort périssent à leur tour. Rien n’a été prévu pour accueillir les victimes de cet exode forcé, logées dans des camps précaires et insalubres, soumises à une surveillance stricte et à une obligation de pointage hebdomadaire, mal vues par les populations locales et en butte à un racisme qu’attisent les autorités. En 2019, l’Ukraine qualifie ce nettoyage ethnique meurtrier de « génocide ». |
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Le prétexte ? La collaboration avec les nazis Staline accuse les Tatars d’avoir collaboré avec les nazis et « trahi l’Union soviétique ». En réalité, il y eut parmi eux (comme chez tous les peuples ayant souffert de la botte soviétique) des collabos qui espéraient, à tort, que l’Allemagne les traiterait mieux que la Russie stalinienne et des soldats de l’Armée rouge, qui ne furent pas moins héroïques que les autres mais que leurs faits d’armes dans la « grande guerre patriotique » ne protégèrent pas de cette effroyable punition collective. En 1945, la République autonome de Crimée est abolie. Les autorités russes s’emploient à effacer toute trace de l’héritage tatar dans la péninsule d’où ils ont été chassés : les noms des villes, des rivières, des montagnes sont changés ; de nombreux édifices religieux et monuments sont détruits ; ordre est donné de réécrire l’histoire pour faire de la Crimée une terre qui aurait toujours été russe (Poutine n’a rien inventé…). | | | | | Des Tatares de Crimée photographiées après leur déportation en Ouzbékistan soviétique, en 1953 (Wikimedia/Elvedin Chubarov) |
| Une mémoire transmise de génération en génération Des décennies durant, dans les familles, la mémoire du Sügürlink (l’exil) est transmise, partie intégrante d’une identité tatare qu’aucune répression ne pourra éradiquer. Des décennies durant, le nationalisme tatar (non violent) se bat pour le droit au retour. Longtemps, ce fut en vain. Puis, avec la déstalinisation, l’étau commença à se desserrer. Krouchtchev rattache la Crimée à l’Ukraine. En 1956, quelques droits culturels sont reconnus aux Tatars. En 1967, un décret annule l’accusation de collaboration avec les nazis. Il faudra l’effondrement de l’URSS, à la fin des années 80, pour qu’enfin les Tatars puissent retourner chez eux : 100.000 en 1990, autant en 1991, 250.000 au total. |
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| | Jamais ils n’ont renoncé à se battre pour leurs droits. En 1962 est créée l’Union de la jeunesse criméo-tatare qui donne un nouvel élan à la résistance : Moustafa Djemilev s’y engage très jeune. Leader du mouvement national tatar, fervent défenseur de l’indépendance et de la démocratie ukrainiennes, il est aujourd’hui, à 80 ans, député à la Rada (le Parlement ukrainien). Il fut l’âme de nombreuses mobilisations et incarcéré à plusieurs reprises. | | |
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Il fera en prison une grève de la faim de 303 jours et tissera des liens étroits avec les dissidents russes des années 60-70, dont le général Grigorenko, d’origine ukrainienne, qui soutiendra activement la lutte des Tatars et sera envoyé pour de longues années dans ces « hôpitaux psychiatriques spéciaux » où le régime enfermait ses opposants les plus inflexibles. Les troupes russes viennent d'ailleurs de faire disparaître le monument lui rendant hommage à Simferopol, ville aujourd'hui occupée, érigé à l'initiative du Majlis tatar. | | |
| | | Catherine II, Staline, Poutine : l’épreuve au long cours du colonialisme russe Les Tatars de Crimée sont les lointains descendants des cavaliers de Gengis Khan, installés dans la péninsule au 13ème siècle. Au commencement, donc, fut la Horde d’Or (confédération de tribus guerrières turques et mongoles) puis, après sa dissolution, la fondation en 1441 d’un royaume tatar indépendant, le Khanat, de religion sunnite et de langue turcique, qui durera trois siècles. En 1783, violant un traité signé neuf ans plus tôt, Catherine II annexe la Crimée à son empire et y encourage la colonisation par d’autres peuples (Russes en tête) qui y deviennent progressivement majoritaires. La péninsule devient « la perle de la couronne du tsar » et Sebastopol le siège de la flotte russe en Mer Noire. Colonisation, russification, infériorisation : le triptyque est en place pour longtemps… Avec la révolution bolchévique, après la proclamation d’un éphémère Etat tatar à Simferopol et les affrontements sanglants de la guerre civile, une République socialiste soviétique de Crimée est instituée : elle reconnaît les Tatars comme principal peuple de Crimée, la langue tatar devient langue d’Etat au même titre que le russe, mais cette brève période « d’indigénisation » ne survit pas à la mort de Lénine et à la prise du pouvoir par Staline. 1934 marque la fin de la « tatarisation ». En 1936, la Constitution de la République criméenne est révisée pour placer la péninsule sous l’autorité stricte de Moscou. A partir de là, les Tatars subiront, comme tous les Russes et les peuples placés sous leur contrôle, les purges et les répressions staliniennes assorties, dans leur cas, de discriminations spécifiques qui culminent avec la déportation de 1944. Avec l’annexion de la Crimée en 2014, juste après la révolution de la dignité de Maïdan et au terme d’un référendum-bidon que la communauté internationale ne reconnaît pas, Poutine met ses pas dans les traces de ses prédécesseurs. Une répression féroce s’abat sur tous les patriotes ukrainiens qui résistent au vol de la Crimée et frappe tout particulièrement les Tatars : russification forcée, disparitions, arrestations, tortures, viols, débarquement massif de colons russes. Le Majlis (Assemblée des Tatars) est déclaré « organisation terroriste » et interdit. En 2021, un rapport du Conseil de l’Europe dénonce les crimes commis en Crimée, que documente rigoureusement SOS Crimée. Une nouvelle fois, beaucoup de Tatars sont contraints de fuir, vers la Turquie ou vers l’Ukraine non occupée, notamment pour échapper à la mobilisation forcée dans l’armée russe. |
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« Tout a commencé par la Crimée, tout finira par la Crimée » Volodymyr Zelensky |
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| | | | Le 18 mai 2004 à Simféropol. Des Tatars de Crimée lors d'une cérémonie de célébration du souvenir de la déportation de leur communauté par Staline en 1944. (AFP - Files - Sergei Supinsky) |
| | | | | Des Tatars de Crimée en 2014, en souvenir de la déportation massive de 1944 par Staline. Cette commémoration est désormais interdite. (Photo Stringer. Reuters) |
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|  | | | Des manifestants brandissent un drapeau géant composé de drapeaux nationaux, de la Crimée et des Tatars de Crimée sur la place Maïdan à Kiev, en Ukraine, le 23 mars 2014. — © SERGEY DOLZHENKO / EPA |
|  | | | Des femmes brandissent la drapeau des Tatars de Crimée durant la cérémonie commémorant le 72e anniversaire de leur déportation par l’Union Soviétique, Kiev, mai 2016 |
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L’Ukraine résistante est déterminée à bouter l’envahisseur hors de Crimée. Chaque nuit ou presque, des missiles et des drones, aériens et navals, visent les sites militaires russes de la péninsule annexée : stations radar, centres de télécommunications, aérodromes, avions de combat, port de Sebastopol… Après avoir détruit de nombreux navires et forcé la flotte russe de la Mer Noire à se replier dans l’est, les forces ukrainiennes mettent la pression sur la Crimée : parce qu’elles ont plus que jamais l’objectif de la libérer et parce qu’il s’agit d’une base logistique importante pour l’armée russe. Dans l’Ukraine indépendante, les Tatars ont enfin trouvé leur place et retrouvé leurs droits. Ils ont reconstitué leur Assemblée, le Majlis. En 1991, ils ont fortement pesé dans le vote à 54% de la Crimée en faveur de l’adhésion à l’Ukraine. Après l’invasion russe de 2014, ils ont massivement boycotté le referendum-bidon organisé par Poutine pour justifier l’annexion. Un engagement sans faille qui en fait les cibles privilégiées de la répression russe. Paradoxalement, l’annexion de la Crimée a ancré dans l’opinion ukrainienne la conviction qu’elle constitue une part inaliénable de la nation ukrainienne et que l’histoire de la péninsule (grande comme la Bretagne) est partie intégrante de son histoire commune. Les Tatars dans l’Ukraine d’aujourd’hui : une visibilité inédite et une réelle égalité des droits La Maison de la Crimée, fondée à Kyiv en 2015, promeut la culture criméenne et précise dès l’entrée : « il n’y a pas de paysage culturel de Crimée ukrainienne sans les Tatars criméens ». Le musée national Mystetskyi Arsenal organise des expositions qui réintègrent la Crimée et les Tatars dans l’imaginaire du public. Des films sont tournés comme « En terre de Crimée », sorti en 2019, où Nariman Aliev, cinéaste d’origine tatare, raconte l’histoire d’un père qui se bat pour aller enterrer en Crimée son fils mort au front sous l’uniforme ukrainien. Dans l’armée ukrainienne, nombre de soldats arborent sur l’épaule droite de leur treillis un chevron avec le drapeau tatar, « pour que les gens voient, dit l’un d’eux, que les Tatars se battent pour l’Ukraine ». |
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| | | | En 2021, la Plate-Forme Crimée, lancée à l’initiative de Volodymyr Zelensky, tient son premier forum international. En 2022, le président ukrainien mandate Tamila Tasheva comme représentante personnelle pour la Crimée et sa reconstruction après la libération. | | |
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| Le gouvernement ukrainien s’enrichit de personnalités tatares car l’Ukraine n’est pas une nation ethnique mais une nation civique, accueillante à tous les siens. En juin 2020, Emine Dzheppar devient la N°2 du Ministère des Affaires étrangères. | | |
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| | En septembre 2023, Roustem Oumierov, ancien conseiller de Moustafa Djemilev, le leader historique des Tatars, et ancien chef du Fonds des Biens d’Etat, quadragénaire polyglotte réputé incorruptible et habile négociateur, est nommé Ministre de la Défense. | | |
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C’est le plus haut poste jamais occupé dans l’appareil d’Etat par un Tatar. Sa mission : éradiquer la corruption dans un Ministère touché par de nombreux scandales. Ulcérés, les medias poutiniens le représentent sous les traits d’une caricature antisémite, l’accusent (parce qu’il est musulman) d’être membre de la secte de Fethullah Gülen, le traitent d’espion américain. Le message de sa nomination est triple : dans l’Ukraine démocratique en lutte pour sa souveraineté, les Tatars ont toute leur place ; le combat contre la corruption est renforcé ; Kyiv n’échangera pas la Crimée contre un traité de paix. « L’an prochain à Bakhtchissaraï ! » (cité historique des Tatars), ce message des années d’exil, est plus actuel que jamais. |
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| | « 1944 » La chanson de Jamala qui remporta pour l’Ukraine la victoire à l’Eurovision 2016 | | |
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C’est une très belle chanson sur la déportation des Tatars que Jamala a écrite, en tatar criméen et en anglais, en se fondant sur les récits de son arrière grand-mère. Le texte débute ainsi : « Quand les étrangers arrivent, ils viennent dans vos maisons. Ils vous tuent tous et disent : nous ne sommes pas coupables ». En 2016, deux après l’annexion de la Crimée, elle a remporté avec ce morceau le concours de l’Eurovision. Furieux, les médias russes avaient dénoncé dans cette victoire une décision politique n’ayant rien à voir avec l’art. Jamala est pourtant une grande artiste, chanteuse, autrice-compositrice, comédienne. Après une formation classique (elle a notamment étudié le chant d’opéra), elle s’est tournée vers le jazz et la soul. Ardent soutien de la résistance ukrainienne, elle donne des concerts dans le monde entier et l’Ukraine a édité un timbre à son effigie. En novembre 2023, elle a chanté pour l’inauguration de l’Institut ukrainien de Paris, en présence d’Olena Zelenska. Le régime du Kremlin l’a placée sur sa liste noire des opposants recherchés et condamnée par contumace. Alors à Sydney (Australie) pour un concert caritatif au bénéfice de l’Ukraine, elle s’est bornée à mettre dans sa story Instagram un émoji « facepalm » exprimant sa consternation. |
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Quelques rendez-vous à venir |
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> Tous les mercredis et tous les samedis : |
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Les marches bi-hebdomadaires à l’appel de l’Union des Ukrainiens de France, se tiennent à Paris. Le mercredi à 18 h : de Rambuteau à la Fontaine des Innocents. Le samedi à 15 h 30 : départ de République, du Châtelet ou du Panthéon, selon les autres manifestations éventuellement organisées à ces endroits et, désormais, l’organisation des J.O. Nous y appelons à armer l’Ukraine et protéger le ciel ukrainien, à utiliser au bénéfice de la résistance ukrainienne l’argent des avoirs russes gelés par les sanctions, à dénoncer les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par les envahisseurs, à rester aussi longtemps qu’il le faudra aux côtés de ce pays qui se bat aussi pour nous. |
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| | | | | L'artiste ukrainien Serhii Faifura à la marche du 25 mai |
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> 31 Mai de 18 h 30 à 21 h : « Les femmes ukrainiennes pendant la guerre : des héroïnes de l’ombre » Table ronde avec trois journalistes ukrainiennes (Kristina Berdynskykh, Katya Moskalynk, Oleksandra Horchynska) autour du rôle des veuves de guerre, de celles qui remplacent les hommes partis au front, de celles qui s’engagent dans l’armée, de celles qui subissent des violences sexuelles. Une initiative de The Europea Ukraine Desk et l’Alliance des femmes pour la démocratie Lieu : Espace des femmes – Antoinette Fouque, 35 rue Jacob 75006 Paris | | | | |
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| | Première théâtrale à Paris de « Nous l’Europe, banquet des peuples. Un cri pour Kyiv », fruit d’une collaboration artistique franco-ukrainienne (Roland Auzet et Ivan Ryabchyi) basée sur le livre éponyme de Laurent Gaudé. Un texte anti-colonial créé au Festival d’Avignon 2019, qui débouche aujourd’hui sur un projet associant de jeunes comédienNEs de France et d’Ukraine. | | |
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La représentation sera précédée de 2 tables rondes : « Résister par le corps et les mots en temps de guerre » et « Revoir la guerre en Europe » Lieu : Théâtre de la Concorde – 1 avenue Gabriel 75008 Paris Insciptions : entrée libre sur réservation ici Plus d'infos ici | | | > 6 Juin à partir de 18 h 30 : Les éditions Syllepse, qui publient l’excellente revue en ligne « Soutien à l’Ukraine résistante » (Brigades éditoriales de solidarité) où elles offrent régulièrement l’hospitalité à Ukraine CombArt, fêtent les 35 ans d’un remarquable travail éditorial au service d’innombrables justes causes, françaises et internationales. Il y aura des livres, des verres, des discussions Lieu : Union syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris | | | | |
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pour la première fois à Paris, projection de « Papillons de fer » avec la participation de son réalisateur, Roman Livbyi. Le 17 juillet 2014, le vol MH17 de la Malaysian Airlines était abattu par un système anti-aérien russe au-dessus de l’Ukraine, tuant les 298 personnes à bord. Malgré les dénégations russes, l’enquête internationale a rassemblé les preuves contredisant les mensonges du Kremlin et notamment les éclats d’obus en forme de papillons retrouvés dans les corps des pilotes. |
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Une projection dans le cadre des projets du collectif de documentaristes ukrainiens Babylon13, de l’Union des Ukrainiens de France et du programme Zmina, avec le soutien notamment de l’Union européenne Lieu : Bercy Beaucoup – 5 boulevard Poniatowski 75012 Paris |
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| | > Jusqu’au 9 juin : exposition « Ukraine, vision(s). Photographie documentaire et littérature en résistance » : |
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Les photographes de l’agence MYOP dialoguent avec six autrices et auteurs du Pen Club Ukraine : les mots et les images, récits et témoignages, se mêlent pour inventer un art documentaire et poétique de la résistance. Avec le soutien de l’Institut ukrainien en France, créé en novembre 2023 pour renforcer la coopération inter-culturelle Lieu : Gaîté lyrique, 3 bis rue Papin, 75003 Paris |
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élections européennes. Nous ne donnons bien sûr pas de consignes de vote mais vous appelons toutes et tous à choisir des candidatEs engagéEs pour la victoire de l’Ukraine et pour le renforcement de la solidarité européenne. |
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> 9 Juillet au festival d’Avignon : |
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| | 5èmes Rencontres « Russie hors d’Ukraine », autour d’Ariane Mnouchkine et de Galia Ackerman, avec Constantin Sigov et Dominique Trinquand. à 19h : débats et lectures de textes à 21h30 : projection du film « Au bord de la guerre » dont nous vous avions déjà parlé et qui retrace le stage organisé à Kyiv, au printemps dernier, par le Théâtre du Soleil avec de jeunes comédiennes et comédiens ukrainienNEs. Cette année, l’affiche officielle du Festival a été réalisée par Oleksandra Dementieva, étudiante ukrainienne de l’Ecole supérieure d’art d’Avignon. | | |
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> 16 septembre au Zénih de Paris-La Villette : |
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concert exceptionnel d’Okean Elzy, un des groupes de rock les plus populaires en Ukraine et les plus célèbres hors d’Ukraine. Fondé en 1994 à Lviv, il a activement participé à la révolution de la place Maïdan et consacré une chanson à la défense de Marioupol assiégée. C’est, depuis une dizaine d’années, leur 4ème concert en France dans le cadre de leur nouvelle tournée internationale de solidarité avec l’Ukraine. C’est loin mais les places (de 50 à 245 euros) partent vite, avis aux amatrices et aux amateurs… |
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Quelques livres qui aident à comprendre |
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« Poutine dans le texte » Textes traduits et présentés par Elizabeth Sieca-Kozlowski, sociologue au CERCEC, École des hautes études en sciences sociales (2024, CNRS Editions, 25€) |
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| | Ces textes choisis de Vladimir Poutine, de dignitaires et d’idéologues russes (2001-2023) expriment sans détour leur vision de monde et sa radicalisation. L’invasion de l’Ukraine, au motif du danger mortel que représenterait le pouvoir « néo-nazi » de Kyiv, tête de pont d’un « Occident collectif » corrupteur et décadent, nous impose de pénétrer l’imaginaire du pouvoir russe car on ne combat bien que ce qu’on comprend. |
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| | « L’Ukraine, la République et les oligarques. Comprendre le système ukrainien » de Sébastien Gobert (2024, Tallandier, 21€50) | Journaliste installé en Ukraine depuis 2011 et travaillant pour l’ONG Team4UA, Sébastien Gobert a publié en 2022 « Ukrainiens. Héros malgré eux » (Bruxelles, Nevicata). |
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Dans ce nouveau livre aux allures de thriller ultra-documenté, l’auteur retrace l’histoire des différents groupes oligarchiques ukrainiens, leurs alliances, leurs concurrences, leurs connexions étatiques et politiques, les spécificités qui les différencient de leurs homologues russes mais aussi la vigilance de la société civile ukrainienne dans une nation obstinément plurielle, imparfaite, certes, mais à la prodigieuse vitalité démocratique. |
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| | « Travailleuses de la résistance : les classes populaires ukrainiennes face à la guerre » de Daria Saburova (à paraître le 6 juin 2024, éditions du Croquant, préface d’Etienne Balibar, 20€) | Chercheuse née à Kyiv, Daria Saburova est membre du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine et actuellement rattachée au laboratoire Sophiapol de l’Université Paris Nanterre.. |
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| | Ce livre est tiré d’une enquête conduite par l’autrice dans la ville industrielle de Kryvyi Rih. Il donne à voir l’organisation concrète de la résistance sur le terrain, les rapports de classe et de genre qui la structurent, les relations avec l’Etat, les pouvoirs locaux, les ONG internationales et locales, ainsi que la complexité des dialectiques vécues entre autonomie et dépendance. Figures centrales de cet ouvrage : les femmes des classes populaires qui, bien que souvent russophones et initialement hostiles au mouvement du Maïdan, se sont engagées bénévolement pour soutenir les combattants ukrainiens et les populations civiles touchées par la guerre. |
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Ukraine – Palestine : De peuple à peuple ? Contribution au débat de Sophie Bouchet-Petersen, secrétaire générale d’Ukraine CombArt |
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Ceci est un texte personnel qui n’engage pas en tant que tel notre association même si je sais que nombre d’entre nous en partagent le contenu. La mobilisation aux côtés de la résistance ukrainienne est la raison d’être d’Ukraine CombArt. Pourquoi soutenons-nous l’Ukraine ? Parce que nous défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ici contre l’impérialisme poutinien, ses bombardements permanents d’objectifs civils et ses nettoyages ethniques dans les territoires temporairement occupés, ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité. Par internationalisme, en somme, et par convictions radicalement démocratiques. Ces valeurs ne sont pas, pour nous, à géométrie variable, valables ici mais pas là-bas. Dans le monde tel qu’il va, d’autres solidarités nous requièrent mais la guerre entre Israël et la Palestine est, pour moi, la plus directement imbriquée avec la cause de l’Ukraine combattante : dans le contexte géopolitique de ces derniers mois, la question palestinienne impacte directement la question ukrainienne. Se taire à son sujet va pour moi à l’encontre de ce qui fonde notre engagement pour l’Ukraine et affaiblit la solidarité dont son peuple a un besoin vital. Méfions-nous des syllogismes Parmi les soutiens à l’Ukraine avec lesquels, sans sectarisme, nous agissons pour cette cause commune, il existe sur ce sujet des positions très diverses. Les uns considèrent que ce n’est pas notre affaire : la Palestine serait tout simplement « hors sujet ». D’autres estiment que les gouvernements israélien et ukrainien exercent de manière également légitime un même « droit à l’autodéfense » et en tiennent pour ce syllogisme : si Poutine est l’ami du Hamas, soutenu de surcroît par le régime iranien qui arme l’envahisseur russe, c’est donc qu’Israël est notre ami et Netanyahou forcément dans « le camp du bien ». Je crois, pour ma part, que condamner sans appel les crimes atroces commis par le Hamas le 7 octobre ainsi que toutes les formes, sournoises ou explicites, d’antisémitisme n’exonère pas pour autant le pouvoir israélien, son armée et ses colons messianiques, de leurs propres crimes. Je ne peux m’empêcher de voir, dans le massacre des populations civiles, palestinienne comme ukrainienne, d’effroyables correspondances. Grosny, Alep, Marioupol, Gaza, Rafah : impossible de s’insurger contre les uns en tolérant voire approuvant les autres car le droit international ne se divise pas. Deux inacceptables ont désormais partie étroitement liée, que nous le voulions ou non : ne pas le dire nuit gravement à la solidarité avec l’Ukraine, voire la rend parfois inaudible. Dans les Suds qui ne sont pas tous poutinophiles comme chez les jeunes générations qui s’intéressent au devenir du monde. L’indifférence au sort de la Palestine mine la solidarité avec l’Ukraine Je me suis réjouie que la Cour pénale internationale émette un mandat d’arrêt à l’encontre de Vladimir Poutine et de Maria Lvova Belova pour les kidnappings d’enfants ukrainiens commis en Ukraine, leur déportation et leur russification forcée. J’estime que la Cour est dans son rôle lorsque son procureur requiert des mandats d’arrêt contre les dirigeants actuels du gouvernement israélien et du Hamas. Comme le dit Johann Soufi, spécialiste de droit international, ce n’est sans doute qu’une « goutte de justice dans un conflit marqué par l’impunité généralisée » mais c’est déjà « un moment historique ». J’observe que le dictateur du Kremlin est le principal bénéficiaire de l’identification fallacieuse entre la résistance ukrainienne et la punition collective infiniment meurtrière infligée au peuple palestinien au prétexte de traquer le Hamas. De cette confusion des genres, il se frotte les mains, se réjouissant que ses crimes en apparaissent minorés et que l’attention internationale s’en détourne, que d’importants soutiens de l’Ukraine – Etats-Unis en tête – se retrouvent disqualifiés aux yeux de larges fractions de l’opinion mondiale par leur soutien militaire à Israël. Ce « deux poids, deux mesures » flagrant est une aubaine pour Poutine car il accrédite sa thèse d’une duplicité de « l’Occident global » et d’une relativité des valeurs démocratiques, défendues pour l’Ukraine mais ignorées pour la Palestine. C’est pourquoi toute indifférence au sort des Palestiniens actuellement massacrés mine la solidarité avec les Ukrainiens également massacrés. Deux co-fondatrices d’Ukraine CombArt ont signé des appels prenant, sur ce sujet, clairement position : celui intitulé « Nous, Françaises juives et Français juifs, appelons à un cessez le feu immédiat et durable à Gaza » (signé par Nicole Lapierre et publié en février 2024 dans Le Monde) et celui signé par 394 membres de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales, dont Chowra Makaremi et Nicole Lapierre, intitulé « Pour un cessez le feu immédiat et durable à Gaza » (mai 2024). Je ne saurais mieux dire que la lettre « de peuple à peuple » écrite en novembre 2023 par un large collectif de chercheurs, d’artistes et de militants ukrainiens, qui condamne les crimes de guerre du Hamas et affirme son soutien au peuple palestinien contre l’occupation militaire israélienne. Un même droit à l’auto-détermination et à la résistance Ce texte affirme notamment : « Les Palestiniens ont le droit à l’auto-détermination et à la résistance contre l’occupation israélienne tout comme les Ukrainiens ont le droit de résister à l’invasion russe. Notre solidarité vient d’un sentiment de colère face à l’injustice et d’une profonde douleur face aux effets dévastateurs de l’occupation, du bombardement des infrastructures civiles et du blocus humanitaire dont nous avons fait l’expérience dans notre pays (…). Les civils en Ukraine sont bombardés quotidiennement, dans leurs maisons, dans les hôpitaux, aux arrêts de bus, dans les files d’attente pour le pain. En raison de l’occupation russe, des milliers de personnes en Ukraine vivent sans accès à l’eau, à l’électricité ou au chauffage, et ce sont les groupes les plus vulnérables qui sont les plus touchés par la destruction des infrastructures essentielles. Pendant les mois de siège et de bombardement intensif de Marioupol, il n’y a pas eu de corridor humanitaire. En voyant les Israéliens prendre pour cible les infrastructures civiles à Gaza, le blocus humanitaire et l’occupation du territoire résonnent douloureusement en nous. Depuis ce lieu de douleur, d’expérience et de solidarité, nous appelons nos compatriotes ukrainiens dans le monde entier et tous les peuples à élever la voix pour soutenir le peuple palestinien et condamner le nettoyage ethnique en cours ». En conclusion de cet appel, deux exhortations : « Nous appelons les médias internationaux à cesser de monter les Palestiniens et les Ukrainiens les uns contre les autres, la hiérarchie des souffrances perpétuant la rhétorique raciste et déshumanisant ceux qui sont attaqués. Nous avons vu le monde entier s’unir dans la solidarité pour le peuple ukrainien et nous appelons le monde entier à faire de même pour le peuple palestinien ». Le colonialisme, prendre conscience d’une expérience partagée Adib Shaheeen, né à Naplouse, est un militant et un écrivain palestino-ukrainien qui tient à arborer, dans les manifestations auxquelles il participe, les drapeaux de ses deux pays. Comparant l’Ukraine et la Palestine, il observe que « l’agresseur se comporte partout de la même manière. Les Israéliens et les Russes utilisent la même rhétorique : ils essaient de déshumaniser ceux qu’ils attaquent tout en prétendant qu’ils sont des victimes qui ne font que se défendre ». Il dit aussi : « Aujourd’hui, au Donbass, les occupants et les immigrants russes occupent les maisons vides qui appartenaient autrefois à des Ukrainiens. Il se passe quelque chose de similaire en Palestine ». Adib Shaheen évoque les ravages de la propagande qui, des deux côtés, obscurcit les enjeux : « ce que les Ukrainiens voient, c’est que le Hezbollah et l’Iran qui envoie ses drones à la Russie aident les Palestiniens. Donc les Palestiniens sont nos ennemis ». Le problème, ajoute-t-il, c’est que « chez les Ukrainiens comme chez les Palestiniens, il y a une dévaluation de l’occupation des autres, une dévaluation de la souffrance des gens ordinaires ». * * * Pour la victoire de l’Ukraine, nous veillons à rester unitaires dans les mobilisations qui nous réunissent avec d’autres, parfois très différents de nous et dont le tropisme pro-israélien n’est pas le mien. J’estime qu’un devoir d’honnêteté nous oblige, dans le même temps, à dire combien notre parti-pris internationaliste est indivisible et nous conduit à soutenir, pour les mêmes raisons, les peuples ukrainien et palestinien. Rendons cette justice à Pedro Sanchez : parmi les dirigeants européens, il est aujourd’hui celui qui assume le plus clairement de soutenir et l’Ukraine (dont il vient de recevoir le Président pour signer un accord de coopération militaire) et la Palestine (dont il vient de reconnaître l’Etat), observant qu’au regard du droit international et de la justice historique, ces deux démarches puisent aux mêmes sources. Il ne s’agit pas, à mon sens, d’une question périphérique pour Ukraine CombArt mais d’une question de cohérence et de crédibilité Slava Ukraïni ! |
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Qui sommes-nous ? Notre devise, cette phrase de Maksym Nakonechnyi, cinéaste ukrainien réalisateur de « Butterfly Vision » : « chaque fragment d’art est une brique de notre forteresse ». Nos objectifs :
- faire mieux connaître et soutenir des artistes ukrainiens, de toutes disciplines, engagé.e.s dans la résistance à l’invasion russe ;
- faire aimer la culture ukrainienne, d’aujourd’hui et d’hier, ainsi que l’histoire et l’identité de ce pays qui n’est pas une nation ethnique mais, à rebours d’un mauvais air du temps, une nation politique et civique.
En agissant sur le front culturel, nous voulons également :
- informer et mobiliser l’opinion française pour une solidarité au long cours ;
- combattre la propagande du régime poutinien et de ses relais en France.
Les bénéfices de nos événements sont réinvestis dans des équipements de première nécessité pour les civils ukrainiens engagés dans la Défense territoriale des territoires agressés, répondant à des demandes qui nous sont adressées via nos contacts directs sur le terrain et acheminés en circuit court. Ukraine CombArt est présidée par l’artiste ukrainien Artem Iurchenko. Sa création fait l’objet d’une publication au Journal Officiel le 19 avril 2022.
Ses militantEs sont toutes et tous bénévoles.
Ukraine CombArt est partie prenante du Comité français du Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine et s’attache à agir avec toutes les associations et structures qui apportent leur soutien au peuple ukrainien.
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| | contact@ukraine-combart.org |
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